LÉGISLATIVES 2024 Contribution de l’IHS-CGT-Fapt

Publié le mardi 25 juin 2024 à 16h00

Front Populaire, l’histoire nous éclaire

Comme en 1936, un Front Populaire ne se décrète pas, il se construit avec la volonté de surmonter toutes les difficultés pour créer dans les luttes les conditions de l’unité et du rassemblement.
En 1934, la crise économique en France se combine avec la crise politique. À droite, dans le patronat, chez les deux cents plus gros actionnaires de la Banque de France, chemine la tentation d’opposer un État autoritaire aux revendications ouvrières. Le slogan "plutôt Hitler que le Front populaire" se conjugue avec les colères et les angoisses d’une bourgeoisie frappée par la crise.
Le 6 février, les ligues d’extrême droite organisent une manifestation qui vire à l’émeute.
La crainte d’un coup d’État suscite une réaction qui précipite le processus de réunification du mouvement ouvrier et l’alliance des forces de gauche dans un front antifasciste ouvrant la voie au Front Populaire.
La riposte antifasciste se concrétise le 12 février 1934 avec des manifestations qui rassemblent près de 5 millions de grévistes, dont 160 000 aux PTT (30 000 en région parisienne).
À Paris les deux cortèges, (CGT - SFIO et CGTU – PCF), se fondent en un seul, mobilisant les travailleurs de tous les secteurs et des petites entreprises.

Ce sera le point de départ d’un rassemblement populaire.

Le 9 octobre, Maurice Thorez appelle à la formation d’un "Front populaire" qui, quelques semaines plus tard, à la veille du congrès du parti radical, en précise les termes sous l’appellation de "Front populaire de la liberté, du travail et de la paix".
La conjonction du mouvement "Amsterdam-Pleyel", organisé autour d’Henri Barbusse et de Romain Rolland, de l’unité des socialistes avec les communistes, puis des radicaux, débouche sur le grand défilé du 14 juillet 1935.
Le programme du rassemblement populaire est ratifié, en janvier 1936, par trois organisations (communiste, socialiste et radical), puis par la CGT et la CGTU et par une centaine d’associations.
Le dernier rempart à l’unification syndicale tombe, en mars 1936, au Congrès de Toulouse, avec une seule CGT structurée entre ex-confédérés et ex-unitaires.
À la suite du succès électoral de mai 1936 et avant que le gouvernement du Front populaire de Léon Blum n’entre en fonction, le 4 juin déferle une vague de grèves. On en recense 12 000, dont 9 000 avec occupations ; on compte près de 2 millions de grévistes ; la CGT se renforce jusqu’à atteindre son apogée. Cette mobilisation des travailleurs et travailleuses va avoir un effet déterminant, à la fois sur le gouvernement et sur le patronat.
Ce dernier est contraint de négocier. Le 7 juin sont signés les accords de Matignon avec une moisson revendicative : hausse des salaires, réduction de la durée du travail hebdomadaire à 40 heures, congés payés, généralisation des conventions collectives, reconnaissance de la liberté syndicale, élections de délégués ouvriers…
L’histoire ne se répète jamais à l’identique, mais elle apprend que tout est possible pour le meilleur ou pour le pire. Dans le contexte actuel, la CGT considère que le programme du Nouveau Front Populaire est celui qui répond le mieux aux attentes et aspirations des travailleuses et des travailleurs en ouvrant le plus de possibilités d’actions gagnantes.
La gravité de la situation impose la mobilisation des salariés, retraités et privés d’emploi dans les entreprises, dans les quartiers et dans les urnes pour le programme du Nouveau Front Populaire.
Comme en 1936, les luttes y trouveront un élan décisif pour les conquêtes sociales.